Fin octobre, on recule l'heure, et la plupart d'entre nous partent courir à la frontale le soir, quand ce n'est pas avant le lever du jour. C'est pratique pour caser la séance entre le travail et le dîner, mais il y a un ingrédient qui disparaît au passage : la lumière du soleil. Et avec elle, une bonne partie de notre vitamine D.
Une étude espagnole publiée cette année vient justement de regarder ce qui se passe chez les coureurs pendant l'automne et l'hiver. Ses conclusions sont rassurantes, et assez pratiques.
La vitamine D, une affaire de soleil
Contrairement aux autres vitamines, celle-ci vient surtout de notre peau, qui la fabrique quand elle reçoit les rayons du soleil. L'alimentation n'en apporte qu'une petite part (poissons gras, œufs, quelques produits enrichis).
Le problème, c'est qu'en hiver, sous nos latitudes, le soleil est bas, les journées sont courtes et on sort couvert des pieds à la tête. Résultat : les réserves accumulées pendant l'été fondent doucement entre octobre et mars. Or la vitamine D joue un rôle dans la solidité des os, le fonctionnement des muscles et les défenses immunitaires. Trois sujets qui comptent pour un coureur.
Ce que dit l'étude
Des chercheurs de l'Université du Pays basque, avec l'Université d'Urbino en Italie, ont suivi 45 adultes en bonne santé d'octobre à mars. Ils les ont répartis en quatre groupes : des coureurs et des non-coureurs, avec ou sans complément de vitamine D (2 000 UI par jour pendant huit semaines). Les résultats ont été publiés en mai 2026 dans la revue Scientific Reports.
- Le complément fait monter les taux : chez les coureurs supplémentés, environ +20 % en huit semaines. Mais l'effet n'a pas duré : une fois la cure arrêtée, les taux sont redescendus d'ici mars.
- Les non-coureurs sans complément ont vu leur taux chuter d'environ un tiers au cours de l'hiver.
- Les défenses immunitaires (globules blancs) sont restées plus stables chez les personnes supplémentées, alors qu'elles baissaient chez les non-coureurs non supplémentés.
- Aucun gain de performance : ni la VO₂max, ni la détente, ni la force n'ont progressé grâce au complément.
Courir dehors, le meilleur réflexe
Le résultat le plus parlant pour nous est ailleurs. Les coureurs qui s'entraînaient en plein air, sans aucun complément, affichaient des taux comparables à ceux des non-coureurs supplémentés. Pour le chercheur principal, Eneko Fernández, l'activité physique en extérieur est tout simplement une stratégie très efficace contre le manque de vitamine D.
Autrement dit : nos sorties dans les vignes ne font pas que du bien aux jambes et au moral. Elles entretiennent aussi nos réserves, à condition qu'il y ait un peu de jour.
Nos conseils pour l'hiver
- Gardez au moins une sortie de jour par semaine. Le week-end, c'est le moment idéal, et c'est justement le créneau de la sortie du dimanche du club.
- Profitez de la pause déjeuner si vous le pouvez : vingt minutes de footing à midi valent mieux qu'aucune lumière de la semaine.
- Découvrez ce qui peut l'être quand il fait doux : un visage et des mains au soleil, c'est déjà ça.
- Mangez quelques sources de vitamine D : sardines, maquereau, saumon, œufs.
- Pour un complément, parlez-en à votre médecin. Un dosage sanguin permet de savoir où vous en êtes, et c'est lui qui fixera la dose et la durée. On évite l'automédication, l'excès de vitamine D n'est pas anodin.
Et si vous courez surtout le soir, pas d'inquiétude : l'important est de rester actif. Pensez simplement à bien vous rendre visible sur les routes.
Pas une pilule magique
Ce qu'il faut retenir, c'est que la vitamine D ne fera pas de vous un coureur plus rapide. En revanche, éviter d'en manquer aide à passer l'hiver en forme, avec des défenses plus solides, ce qui complète bien nos conseils contre le rhume d'automne. Une étude sur 45 personnes reste modeste, mais son message est simple à appliquer.
Le meilleur moyen de ne pas sauter la sortie de jour, c'est d'avoir un rendez-vous fixe avec le groupe. Les horaires sont sur la page Entraînements.
Cet article donne des repères généraux et ne remplace pas l'avis d'un médecin. Avant de prendre un complément, demandez conseil à un professionnel de santé.
