Depuis le 1er novembre, le Mois sans tabac a démarré pour sa onzième édition. Le principe est simple : arrêter de fumer pendant 30 jours, tous ensemble, avec un accompagnement gratuit. L'opération est menée par Santé publique France et le ministère chargé de la Santé, avec l'Assurance Maladie.
Selon Santé publique France, 55 % des fumeurs quotidiens souhaitent arrêter. Si vous en faites partie, ou si quelqu'un de votre entourage se lance, voici ce que la course à pied peut apporter, et ce qu'elle ne fera pas à votre place.
Pourquoi un mois, et pourquoi ensemble
Trente jours, c'est assez court pour paraître atteignable, et assez long pour que le corps commence à se déshabituer. Santé publique France indique que participer au Mois sans tabac multiplie par cinq les chances d'arrêter définitivement, et qu'être accompagné double les chances de réussite à un an.
Les coureurs connaissent bien cette mécanique : un objectif daté, un plan, et des gens autour de soi. C'est exactement ce qui fait tenir une préparation de course.
Ce que l'arrêt change pour le souffle
La fumée apporte du monoxyde de carbone, qui prend la place de l'oxygène dans le sang. Pour un coureur, c'est autant de carburant en moins pour les muscles. D'après le site officiel sante.fr :
- Dès 8 heures d'arrêt, le taux de monoxyde de carbone dans le sang est divisé par deux, et l'on est mieux oxygéné.
- En quelques jours, la respiration s'améliore, le goût et l'odorat reviennent.
- En quelques semaines, la toux diminue et l'énergie augmente.
- En quelques mois, le souffle revient peu à peu et les performances sportives progressent.
Une toux un peu plus présente au début est fréquente : les poumons font le ménage. Elle ne doit pas vous décourager.
Courir quand l'envie monte
C'est là que le sport a le plus de preuves derrière lui. Une méta-analyse publiée en 2013 dans la revue Addiction, qui regroupait une quinzaine d'études, conclut que l'activité physique réduit nettement l'envie de fumer sur le moment. Une analyse complémentaire de la même équipe, parue en 2014, observe que l'effet est plus marqué quand l'effort est modéré à soutenu.
En pratique, quand l'envie arrive, sortez marcher d'un bon pas, montez quelques étages ou chaussez vos baskets pour un petit tour. Bouger occupe aussi les mains et la tête, et remplace la pause cigarette par une autre habitude.
Ce que la course ne fait pas toute seule
Soyons honnêtes. Une revue Cochrane de 2019, qui a analysé 21 essais, n'a pas trouvé de preuve que l'ajout d'exercice à un programme d'arrêt améliore l'abstinence à six mois ou plus. Les auteurs précisent que les données sont trop limitées pour exclure un bénéfice modeste. La course est donc un vrai coup de pouce face aux envies, mais pas une méthode d'arrêt à elle seule.
Pour mettre toutes les chances de votre côté, combinez-la avec l'aide disponible :
- Le 39 89, ligne gratuite de Tabac info service, du lundi au samedi de 8 h à 20 h, pour parler à un tabacologue.
- L'application Tabac info service, un programme de coaching gratuit.
- Le kit d'aide à l'arrêt, gratuit, disponible en pharmacie et en ligne.
- Votre médecin ou votre pharmacien, qui peuvent vous conseiller sur les substituts nicotiniques.
Vous ne courez pas encore ? C'est le bon moment
Inutile de viser loin. Alternez marche et course, comme nous l'expliquons dans marcher pendant sa course, ce n'est pas tricher, et augmentez très progressivement. Notre guide pour débuter la course vous donnera un cadre simple. Bonus : selon sante.fr, reprendre une activité aide aussi à limiter le risque de prise de poids après l'arrêt.
Et si vous préférez ne pas courir seul, le groupe accueille tous les niveaux, sans jugement. Les horaires sont sur la page Entraînements. Trente jours, c'est une belle course : on sera ravis de vous encourager.
Cet article donne des repères généraux et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé.
