C'est toujours la même bascule. Fin août, on partait courir après le travail en plein soleil. Mi-septembre, on lace ses chaussures et il fait déjà gris. Dans quelques semaines, les sorties de semaine se feront intégralement à la frontale, entre les rangs de vigne et les petites routes de Montagne, là où il n'y a ni trottoir ni éclairage public.
Ce n'est pas une raison pour arrêter de courir jusqu'en avril. C'est juste une raison de changer deux ou trois choses dans sa préparation.
Le vrai sujet n'est pas de voir, c'est d'être vu
Beaucoup de coureurs pensent être en sécurité parce qu'ils portent un tee-shirt clair. En réalité, une tenue claire dans des phares, c'est une forme immobile et difficile à situer. Ce qui attire l'œil d'un conducteur, c'est le mouvement.
D'où la règle que retiennent les spécialistes de la visibilité nocturne : placez les éléments réfléchissants sur les extrémités qui bougent, pas seulement sur le buste. Concrètement, quatre points à couvrir :
- Les chevilles, parce que ce sont elles qui font le mouvement le plus reconnaissable de la course à pied.
- Les poignets, pour le balancement des bras.
- La poitrine, pour être vu de face.
- Le dos, pour les voitures qui arrivent derrière vous.
Un gilet réfléchissant coche déjà deux de ces cases pour quelques euros. Des bandes velcro aux chevilles et aux poignets complètent l'ensemble, et se rangent dans une poche.
La frontale : l'autonomie avant la puissance
La tentation, quand on achète une lampe, c'est de regarder les lumens. Sur nos chemins, ce n'est pas le critère décisif. Une frontale très puissante qui s'éteint au bout de quarante minutes vous laissera dans le noir au pire moment, en plein milieu d'une boucle.
Regardez donc d'abord l'autonomie au mode que vous allez réellement utiliser, qui est rarement le mode maximum. Un faisceau moyen, large et stable, suffit largement pour un chemin de vigne. Prévoyez de la recharger le lendemain d'une sortie plutôt que juste avant la suivante : c'est la panne la plus fréquente et la plus bête.
Le sol change aussi, pas seulement la lumière
Trois surfaces deviennent traîtres à cette saison, et la frontale les révèle mal parce qu'elle écrase les reliefs. Les feuilles mortes humides se comportent comme du savon, surtout en descente. Le marquage peint sur les routes devient glissant dès qu'il pleut. Et la terre des parcelles, une fois gorgée d'eau, se transforme en patinoire collante.
La parade tient en une phrase : raccourcissez la foulée. Des pas plus courts et plus fréquents, avec le pied qui se pose sous le corps plutôt que devant, réduisent nettement le risque de glissade. C'est aussi le moment de l'année où l'on ressort les chaussures à crampons, si on en a.
Les réflexes qui ne coûtent rien
Dites à quelqu'un où vous allez et vers quelle heure vous rentrez. Emportez un téléphone chargé. Gardez un itinéraire que vous connaissez par cœur, plutôt que d'explorer un chemin nouveau de nuit. Sur route, courez face à la circulation, pour voir arriver les véhicules et pouvoir vous écarter. Et si vous êtes du genre à courir avec des écouteurs, laissez au moins une oreille libre : sur nos petites routes, on entend souvent une voiture bien avant de la voir.
Ou alors, venez courir avec nous
C'est la solution la plus simple, et la plus agréable. Un groupe est visible de loin, connaît les parcours, et personne ne rentre seul. Les sorties du club sont sur la page Entraînements, et si vous préférez commencer par le dimanche matin en plein jour, on vous explique ici comment ça se passe.
L'hiver, on ne court pas moins. On court juste équipé.
